Memnon

économie, droit, fiscalité, finances, esprit publique et autres propos

14 septembre 2007

Heures supplémentaires : De l’audace !

La mesure mise en place par le gouvernement Sarkozy permet d’offrir au salarié, pour chaque heure supplémentaire payée au SMIC (8,44 euros / heures ; 10,55 euros / heure à 25%), un gain de 2,27 euros, soit une hausse de pouvoir d’achat de 28,7% par rapport à la situation antérieure.

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Dans le même temps, et toujours par rapport à la situation antérieure, la réduction dont bénéficie l’employeur sur le coût d’une heure supplémentaire (cotisations patronales) représente un gain de 9,5% dans les entreprises de moins de 20 salariés et de 3,2% dans les entreprises de 21 salariés et plus.

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Dont acte.

Mais ne faut-il pas aller plus loin, afin de chercher cette croissance qui nous fait tant défaut ?

On comprend bien l’intérêt du salarié à effectuer des heures supplémentaires, avec les effets pervers que cela induit, en particulier risque d’une baisse de productivité au cours des heures normales, les heures supplémentaires permettant de finir le travail que l’on n’aura pas eu le temps d’achever dans les temps. On voit moins l’intérêt de l’employeur à proposer des heures supplémentaires, le gain de 9,5%, ou de 3,2%, ne paraissant pas, fondamentalement, de nature assez incitatrice pour compenser le coût induit par le recours aux heures supplémentaires et la perspective de perdre en productivité sur les heures normales.

Il s’agit donc, avant tout, d’une mesure destinée à soutenir la demande des ménages, plus qu’à accroître l’offre de travail disponible sur le marché. Or, toute la question est là : Faut-il continuer à soutenir la demande des ménages, ou faut-il accroître l’offre de travail disponible ?...

Il me semble que les politiques de soutien à la consommation, pour utiles qu’elles soient, n’apportent plus une réponse à la mesure des enjeux. Il ne faut pas se tromper de combat. La France consomme. Elle n’exporte pas et n’investit plus. C’est donc, en matière de travail, une politique de l’offre qu’il nous faut mener.

Au cas d’espèce, c’est l’exonération de cotisations patronales des heures supplémentaires qu’il faut viser. Allons donc plus loin en la matière. Soyons audacieux, il y a urgence.

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28 juin 2007

Réforme des facs - Réflexions

L’université, plus que les grandes écoles, est le vrai bouillon de culture de notre matière grise. La première forme les chercheurs qui constituent l’avant-garde de notre réussite économique, alors que les secondes préparent surtout des gestionnaires à s’insérer dans le monde de l’entreprise.

Ingénieurs ou commerciaux issus des grandes écoles, même combat : tout ce petit monde part en cabinet de conseils, grandes entreprises, banque d’affaires…, afin de pourvoir des emplois d’exécution ou de management. Ils ne savent pas faire de la recherche, et c’est normal : ils n’ont pas été formés pour. Il n’y a pas de jugement de valeur à porter. Universités et grandes écoles sont deux créneaux différents, deux paradigmes : Les grandes écoles – je grossis le trait - se moquent pas mal de récupérer des médailles fields ou des prix nobels, et les facs s’inquiètent peu quand les patrons du CAC 40 ne les donnent pas gagnantes au grand bingo de l’employabilité. Bref, chacun son job. J’ai un double cursus (grande école, puis université dans un domaine différent) et je constate simplement que la formation grande école m’a appris à me comporter dans une boîte pour répondre aux exigences d’une activité économique : décider, gérer, encadrer, naviguer ; alors que la fac me pousse dans mes retranchements en termes de réflexion et de créativité intellectuelle. Je ne veux donc pas opposer une formation à l’autre, car elles sont en réalité incroyablement complémentaires.

Ceci posé, je continue de m’interroger sur les points de blocage induits par la réforme proposée par le gouvernement.

Pourquoi encore un tel remue-ménage syndical autour de la réforme sur l’université, alors que l’université est destinée à former nos chercheurs qui, par les découvertes qu’ils vont faire, sont notre seule chance sérieuse d’avenir économique ? Comment peut-on encore aujourd’hui se crisper sur des sujets tels que l’organisation de la gouvernance et de l’autonomie de gestion ? Est-ce que le fait de donner à un conseil d’administration restreint le droit de gérer une fac avec pleins pouvoirs va rendre la situation vraiment pire qu’elle n’est ? Si la fac fait un peu de profit – et est-ce si honteux ?... - les salaires vont-ils diminuer, quand ont sait que les universités feront tout pour garder les meilleurs chercheurs et enseignants ?  Est-ce que le président de chaque université n’aura pas à cœur de créer un vrai label d’excellence destiné à rayonner mondialement et grâce auquel étudiants, enseignants, chercheurs pourront enfin avoir la reconnaissance qu’ils méritent ?

C’est vrai, dans cette organisation, la faible minorité qui tirait profit du système - j’oserais même dire, avec un peu de provocation, celle qui faisait le minimum syndical - a du souci à se faire car la culture de résultat approche à grands pas. Mais pour l’immense majorité des autres il est peut-être maintenant l’heure de prendre le train, non ?...

Enseignants, chercheurs, maîtres respectés et respectables, les grincheux syndiqués vont-ils encore vous avoir longtemps ?...

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23 avril 2007

Faut-il baisser le taux d’IS ?

Quelques remarques sur le post de Michel Taly (débat 2007) :

-      Le taux d’IS ne constitue, pour une entreprise internationale, un choix majeur de localisation d’activité que lorsqu’il est significativement bas (cas de l’Irlande, par exemple, avec 12,5 %) voire inexistant (cas des paradis fiscaux). Alors, c’est vrai, la lutte est inégale.

-      Mais, lorsque les taux sont relativement proches du notre (ex : Royaume-Uni 30%, Pays-Bas 34,5 %, Espagne 35 %...) d’autres logiques de choix prévalent quant à la localisation de l’activité : qualité de la main-d’œuvre, savoir-faire technologique, mais aussi – et surtout – coût de la main-d’œuvre, plasticité du droit du travail, efficience de l’administration et qualité des infrastructures.

-      Si baisser le taux d’IS ne me paraît donc pas crucial, s’attaquer à la nature et au niveau des dépenses est essentiel, tout comme me semble primordiale la nécessité de simplifier notre droit fiscal, qui devient, même pour le professionnel que je suis, particulièrement byzantin.

-      Enfin, tout aménagement de fond de la fiscalité doit aujourd’hui s’intégrer dans une réflexion plus large. Est-il souhaitable, en effet, de laisser subsister des zones fiscales privilégiées en Europe ? Comment lutter contre les paradis fiscaux ? Comment parvenir à définir une fiscalité européenne équitable ?...

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10 mars 2007

Chômage 2006 : voilà le travail ! (facile, mais tentant...)

Hier l'INSEE a finalement levé le voile sur une cata... Le taux de chômage est resté identique à celui de l'année 2005, soit 9.8% de la population active. Voir sur le sujet les commentaires de Verel et Versac.

On passe sur les atermoiements du gouvernement à dévoiler le chiffre. Pathétique et insupportable pour la démocratie. Quelle bande de pieds nickelés !...

Mais on a surtout envie de demander à Villepin, Breton et Borloo ce qu’ils ont exactement foutu pour en arriver à un résultat aussi mauvais ? Toute cette énergie gâchée et ce temps perdu… Tous ces dispositifs inutiles (CNE, DIF…)… Ces discours péremptoires (dans le genre, on ne se lasse pas du jingle de BFM « Moi, je dis ce que je vois, et je vois que la France va mieux… » - Thierry Breton. Faut dire aussi que lui, c’est un  de mes préférés… On a ses petits protégés…)

Raaa !!! Allez, maintenant, ça suffit : Dehors, les gars, barrez-vous !

Quand va-t-on comprendre qu’on n’aura pas d’emplois sans croissance ? Quand va-t-on enfin, dans cette campagne, parler des moyens de relancer la croissance et ne parler que de cela ? Qui est capable de comprendre et de mettre en œuvre l’écosystème de la croissance proposé par C.Blanc ? Nicolas ? Alors vas-y, c’est le moment, mon garçon… T’en auras autant besoin que du recours aux heures sup …

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09 mars 2007

Difficultés d'Airbus

L’état n’est pas et ne sera jamais un actionnaire traditionnel. Ses motifs sont rarement d’ordre financier (recherche d’un gain) et le plus souvent d’ordre politique : sauvegarde de l’emploi, création d’un outil industriel ou d’infrastructures, aménagement du territoire, construction européenne, etc… On ne peut, dans ces conditions, pas être surpris qu’il tente de faire pression sur la direction générale. C’est dans son rôle.

Les problèmes d’Airbus sont les suivants :

-         Direction bicéphale (2 PDGs, 2DGs),

-         Difficultés techniques liées à l’ambition des projets industriels (A380, A350),

-         Trésorerie insuffisante pour financer le développement à moyen terme des projets ci-dessus, d’où nécessiter d’une augmentation de capital conséquente.

De ces trois difficultés la première me semble la moins naturelle et la plus préjudiciable. Je conviens qu’il s’agit de la plus urgente à traiter. Une entreprise ne peut fonctionner raisonnablement avec une direction dupliquée. Il faut impérativement revenir à une organisation raisonnable (1 PDG, 1 DG), choisie pour sa compétence. On se fiche pas mal de savoir si le patron doit être français (c’est le cas à ce jour, laissons faire Louis Gallois), germain, ou inuit, pourvu qu’il soit bon.

Les deux autres difficultés relèvent de questions industrielles somme toute - dans leur nature au moins - assez classiques et requièrent un adossement à de vrais partenaires industriels, possédant une vision long terme. Laissons faire la direction pour trouver ces partenaires. D’ailleurs, sur le sujet, ne donnons pas de faux espoirs aux salariés. Les capitaux nouveaux à injecter  seront conséquents. La question est simple : au-delà des déclarations d’intentions l’Etat français peut-il raisonnablement suivre ?

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13 octobre 2006

Intelligence économique et rôle de l'Etat

Ci-joint un commentaire que j'ai posté suite à l'article de Frédéric Montlouis-Félicité paru sur Débat 2007 ce jour.

Je suis dubitatif sur l’opportunité de la démarche proposée par le député et exposée par FMF.

Quel rôle l’Etat doit-il jouer en matière d’intelligence économique ? S’agit-il de promouvoir une culture du renseignement économique auprès des acteurs concernés ? S’agit-il d’aider les entreprises à organiser leur veille économique ? Si oui, selon quelles modalités ?

L’Etat peut sans doute faire bénéficier certaines entreprises d’informations privilégiées obtenues dans le cadre de sa politique étrangère ou de défense (OK sur les « war rooms »). Il peut également promouvoir la culture de l’intelligence économique, par le biais - par exemple - de formations spécifiques, telles celles dispensées par l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale ou certaines universités.

Mais pour le reste, est-il compétent ?... De manière générale, l’Etat peut-il mieux appréhender qu’un industriel les opportunités et les risques que représente tel marché, tel concurrent ou telle technologie ? L’objectif est-il d’ajouter l’intervention de l’Etat là où l’entreprise dispose de ses propres réseaux d’influence ou de veille ? Si oui, il faut vraiment être sûr de faire mieux.

Et là, on peut douter… Pour plusieurs raisons.

La multiplication des structures de veille économique proposée par B.Carayon me paraît d’entrée de jeu discutable, à l’heure où l’Etat doit veiller à la parcimonie. Une structure, soit. Au-delà ça serait probablement inefficace et coûteux, ce que l’on ne peut plus s’offrir. A partir de lundi on emprunte tous pour finir l’année, ne l’oublions pas…

Ensuite, la nature même des structures proposées me paraît de mauvaise augure : Qu’est ce qu’un « ministère délégué au développement économique auprès du premier ministre » ? J’avoue que ça me fait rire. On n’en faisait pas déjà du développement économique ? Y a bien  un ou deux gars qui en font, du développement économique, au MINEFI, ils sont 192.968 au 31 décembre 2003 (Source fonction-publique.gouv) ? Même remarque pour le conseil de compétitivité et de sécurité économique. Pourquoi viendrait-t-il se superposer aux missions du MINEFI ?...

Enfin, et c’est sans doute le plus important, on constate généralement que lorsque l’Etat endosse le rôle du chef d’entreprise les désillusions ne sont pas loin. A chacun son métier et ses compétences. Les réseaux d’influence des chefs d’entreprises sont probablement au moins aussi efficace que ceux de l’Etat, lorsqu’il s’agit d’un marché, d’une activité ou d’une technologie donnée. Les chefs d’entreprises innovent et veillent, c’est leur quotidien et leur boulot. L’Etat peut-il faire mieux qu’eux ? Pour moins cher ?

Sur les aspects normatifs : même constat. L’Etat agira probablement moins efficacement auprès des instances normatives que les groupements professionnels. J’en prendrai un exemple simple (y a du vécu professionnel…), dans le domaine financier : L’adoption des normes IFRS a été rendue obligatoire l’an passé par l’Union Européenne, comme on le sait. Qui a conçu ces normes ? Les Etats ? Non, les normes sont nées des réflexions de l’International Accounting Standard Board, organisme indépendant, formé de professionnels issus principalement de firmes multinationales et des grands cabinets d’audit anglo-saxons, qui ont su imposer à l’Europe et aux Etats membres, leurs vues sur la manière dont les comptes des sociétés européennes devaient être présentés au public. Point d’Etat là dedans (en tous cas dans les premiers temps, à l’époque où tout se jouait : 1998 – 2000). Ceux qui étaient dans le métier ont pris en charge. Avec le bonheur que l’on sait…

Sur le « vent nouveau » : travail en réseau, partage des informations, mobilité des acteurs (supprimons les corps de la fonction publique, par exemple…), etc… : oui sur tout, mais c’est transposable à n’importe quel corps social productif, non ?

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03 octobre 2006

Légitimité des droits de succession

Quelques éléments de l'article de François Ecalle, paru sur le site de Débat 2007 http://www.debat2007.fr/blog/index.php, me chiffonnent :

1° « Une économie de marché repose fondamentalement sur l'idée que les revenus et les conditions de vie de chacun d'entre nous sont justifiés par la quantité et la qualité du travail fourni et par les risques pris par les entrepreneurs. Comment peut-on expliquer à des jeunes défavorisés par leur naissance qui travaillent dur pour un salaire très modeste que d'autres jeunes peuvent se permettre de ne rien faire tout en ayant un niveau de vie bien supérieur ? »

Commentaire :

C’est caricatural. Les risques que prend un entrepreneur ne pèsent pas uniquement sur lui, mais aussi sur ses proches (conjoint, enfants…). L’entrepreneur travaille rarement en vase clos, et le plus souvent pour transmettre au bout du compte un patrimoine. En cas d’échec, l’entourage est toujours pris dans la tourmente, à des degrés variables, et avec des conséquences diverses. Vivre avec un entrepreneur, c’est soi-même accepter une part du risque, sans – souvent - avoir vraiment le choix (les enfants peuvent-ils s’opposer au choix d’entreprendre des parents, par exemple ?). Economiquement il se produit donc une vraie mutualisation du risque, à l’échelle du ménage. Dans ces conditions, il me paraît naturel que le ménage bénéficie du capital constitué par l’entrepreneur, car il a lui-même contribué à son élaboration. Ainsi, certains jeunes, il est vrai, auront un niveau de vie supérieur à d’autres. Ils auront aussi, a minima, supporté une partie du risque couru par leurs parents. Et puis, n’oublions pas, un entrepreneur fait souvent des émules au sein de son entourage. Arrêtons donc un peu avec le cliché du fils à papa qui a trop de chance parce son père a une boîte qui marche. Tant mieux pour lui, et tant mieux pour l’économie, car c’est souvent un entrepreneur en herbe.

A mon sens, on ne peut donc retenir l’argument qui consiste à légitimer les droits de succession compte tenu d’un déséquilibre constaté dans les situations financières des uns et des autres. Il y a, d’après moi, légitimité dans ce déséquilibre, compte tenu des risques pris par l’ensemble du ménage dans un cas et pas dans l’autre.

2 ° "Une économie de marché n'est pas légitime sans un minimum d'égalité des chances. Il est inutile et irréaliste de viser l'égalité absolue mais il est indispensable de redistribuer les fortunes héritées et les droits de succession en sont le meilleur moyen. "

Commentaire :

Il me paraît plus opportun de créer auprès « des jeunes défavorisés par leur naissance qui travaillent dur pour un salaire très modeste » la volonté d’obtenir la même chose que celui « qui peut se permettre de ne rien faire tout en ayant un niveau de vie bien supérieur ». En matière de redistribution des richesses et d’imposition sur l’épargne, on est somme toute, pas mauvais. On connaît l’efficacité des dispositifs lorsqu’ils sont justement dosés, et, à l’inverse, leurs limites lorsqu’ils sont inadaptés. On sait que taxer le patrimoine n’attire pas vraiment l’entrepreneur. Allons-y donc doucement sur le sujet. C’est précieux, un entrepreneur, ça créé de l’activité, de la richesse, bref, ça tire la machine vers l’avant…

Ce qu’il faut en réalité, c’est une profonde mutation des mentalités pour obtenir du jeune actif qu’il préfère monter sa boîte plutôt que de rechercher la sécurité de l’emploi du service public - sauf à ce qu’il ait une vraie vocation pour la chose publique, par ailleurs tout à fait noble et respectable. C’est cela, à mon avis, créer les conditions de l’égalité des chances : tenir un discours politique qui permette à chacun de comprendre qu’il peut tenter sa chance dans l’aventure entrepreneuriale, et que c’est même probablement la voie à privilégier si l’on souhaite modifier radicalement les conditions de sa naissance.

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02 octobre 2006

Qui perd gagne ?

Andrew Fastow, l’ancien directeur financier d’Enron a été condamné à six ans de prison mardi 26 septembre. Son ancien boss, Jeffrey Skilling - Chief Executive Officer du groupe - attend de savoir à quelle sauce il sera mangé. Kenneth Lay, a disparu cet été, avant d’avoir pu être jugé. Fin de partie pour tous. Presque dans l’anonymat. Peu de gros titres, peu de commentaires.

Petit parallèle.

La justice américaine fait son travail, avec une certaine célérité et sans complaisance : Les dossiers sont instruits, les procès se tiennent et les peines sont prononcées, même si la conduite du procès d’Enron ne reflète sans doute pas l’illustration du quotidien judiciaire américain.

Chez nous, c’est souvent plus lent et aussi plus complaisant. On se rappelle de J6M. Le brave gars qui avait fait péter la banque avec Vivendi en 2001 / 2002. Il s’en est tiré avec une amende de 1 million d’euros en 2004. Pour des faits – sans rentrer dans les détails – globalement similaires à ceux d’Enron (on se défait de l’endettement dans des entités ad hoc pour ne pas détériorer le rating bancaire et on maquille les pertes sous des habillages comptables hasardeux) et des conséquences par forcément très différentes : actionnaires et salariés vidés. Tu sais quoi Jean-Marie ? Tu vas pouvoir rejouer !

Posté par Memnon à 12:53 - Economie & finances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2006

Amaranth Advisors : nouvelle folie boursière à Wall Street

Amaranth Advisors, l'un des grands gestionnaires de fonds américains, est en train de mordre la poussière. D'après le Monde d'aujourd'hui, il manquerait dans les caisses d'Amaranth plus de 6 milliards de dollars, ce qui en ferait le trou le plus important jamais enregistré par un hedge fund. C'est plus que les pertes de LTCM en 1998 (5,75 milliards de dollars), dont le sauvetage collectif avait à l'époque coûté des milliers d'emplois aux grandes banques de Wall Street et sérieusement menacé l’ensemble de l’institution boursière américaine.

Tout ça à cause d’un trader exalté qui s’est amusé à prendre des positions atomiques sur les contrats à terme du gaz naturel.

Qu'on se rassure, on n'en est probablement qu'au début de la tragédie. L'air de rien, il s'agit bien d'une nouvelle tempête que s'apprête à vivre Wall Street. On apprendra dans les semaines qui viennent que le trou n’est pas de 6 milliards, mais peut être de 9, ou 12, ou 15, que les comptes ont été habillés et toujours approuvés par les réviseurs, ou qu’il n’y a peut-être jamais eu de comptes, que sais-je encore… On va avoir du croustillant à se mettre sous la dent, je suis prêt à le parier.

Cet évènement m’inspire les commentaires suivants :

Tout d’abord, on reste à chaque fois fasciné par les mobiles de la folie financière. Par quels mécanismes un homme peut-il se laisser conduire dans une telle impasse, avec de tels enjeux ? A quel moment l'esprit humain disjoncte ? Quel est le zéro de trop ?

Ensuite, on peut légitimement s’interroger sur le fonctionnement des procédures de contrôle mises en place au sein des sociétés, telles que l’audit interne ou le risk management et destinées à prévenir ce genre de dérive. Manifestement on aurait pu mieux faire. On constate d’ailleurs au passage que l’histoire, comme toujours, trébuche, et que l’on a - encore une fois - du mal a tirer les enseignements des crises financières passées.

Plus encore, on peut à nouveau douter du caractère adapté des garde-fous externes à l’entreprise - réviseurs légaux, autorités de marché… - qui n’ont pas rempli leur rôle. Pourquoi les dysfonctionnements des procédures de contrôle interne n'ont-ils pas été identifiés plus tôt ? Quelqu'un a-t-il vraiment revu les comptes, avec intelligence et professionnalsime et non complaisance marchande ? Etc... Il est quand même assez surprenant que personne n’ait vu venir le coup. Un gars qui crame 6 milliards, à un moment, ça fume, non ? Et bien non. Pas là. Etonnant, hein ?

On pourra m’objecter qu’il y aura toujours des brebis galeuses et que le marché fait lui-même son petit ménage. C’est vrai, mais est-ce pour autant acceptable ? Bien évidemment non. Les responsables d’un plantage comme celui-ci en font justement les frais, surtout outre-atlantique, où les perdants ne sont pas excusés. Mais, les autres, la grande majorité des autres, ceux qui vont être pris dans le tourbillon de la faillite, employés, créanciers, qui ont eu comme seul tort de faire confiance, ceux-là savent qu’ils peuvent décidément toujours compter sur un fonctionnement régulé des marchés. Merci Sarbanes-Oxley.

Posté par Memnon à 17:08 - Economie & finances - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ca y est...

Je me lance.

Un blog pour réfléchir un peu. Enfin, du moins essayer... C'est pas gagné, y a du passif. Je pourrai dire des conneries, mais pas trop. Je vais devoir travailler le fond de ma pensée, structurer, mettre en forme, débattre.

On va s'amuser un peu...

Posté par Memnon à 12:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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