28 juin 2007
Réforme des facs - Réflexions
L’université, plus que les grandes écoles, est le vrai bouillon de culture de notre matière grise. La première forme les chercheurs qui constituent l’avant-garde de notre réussite économique, alors que les secondes préparent surtout des gestionnaires à s’insérer dans le monde de l’entreprise.
Ingénieurs ou commerciaux issus des grandes écoles, même combat : tout ce petit monde part en cabinet de conseils, grandes entreprises, banque d’affaires…, afin de pourvoir des emplois d’exécution ou de management. Ils ne savent pas faire de la recherche, et c’est normal : ils n’ont pas été formés pour. Il n’y a pas de jugement de valeur à porter. Universités et grandes écoles sont deux créneaux différents, deux paradigmes : Les grandes écoles – je grossis le trait - se moquent pas mal de récupérer des médailles fields ou des prix nobels, et les facs s’inquiètent peu quand les patrons du CAC 40 ne les donnent pas gagnantes au grand bingo de l’employabilité. Bref, chacun son job. J’ai un double cursus (grande école, puis université dans un domaine différent) et je constate simplement que la formation grande école m’a appris à me comporter dans une boîte pour répondre aux exigences d’une activité économique : décider, gérer, encadrer, naviguer ; alors que la fac me pousse dans mes retranchements en termes de réflexion et de créativité intellectuelle. Je ne veux donc pas opposer une formation à l’autre, car elles sont en réalité incroyablement complémentaires.
Ceci posé, je continue de m’interroger sur les points de blocage induits par la réforme proposée par le gouvernement.
Pourquoi encore un tel remue-ménage syndical autour de la réforme sur l’université, alors que l’université est destinée à former nos chercheurs qui, par les découvertes qu’ils vont faire, sont notre seule chance sérieuse d’avenir économique ? Comment peut-on encore aujourd’hui se crisper sur des sujets tels que l’organisation de la gouvernance et de l’autonomie de gestion ? Est-ce que le fait de donner à un conseil d’administration restreint le droit de gérer une fac avec pleins pouvoirs va rendre la situation vraiment pire qu’elle n’est ? Si la fac fait un peu de profit – et est-ce si honteux ?... - les salaires vont-ils diminuer, quand ont sait que les universités feront tout pour garder les meilleurs chercheurs et enseignants ? Est-ce que le président de chaque université n’aura pas à cœur de créer un vrai label d’excellence destiné à rayonner mondialement et grâce auquel étudiants, enseignants, chercheurs pourront enfin avoir la reconnaissance qu’ils méritent ?
C’est vrai, dans cette organisation, la faible minorité qui tirait profit du système - j’oserais même dire, avec un peu de provocation, celle qui faisait le minimum syndical - a du souci à se faire car la culture de résultat approche à grands pas. Mais pour l’immense majorité des autres il est peut-être maintenant l’heure de prendre le train, non ?...
Enseignants, chercheurs, maîtres respectés et respectables, les grincheux syndiqués vont-ils encore vous avoir longtemps ?...
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