09 mars 2007
Difficultés d'Airbus
L’état n’est pas et ne sera jamais un actionnaire traditionnel. Ses motifs sont rarement d’ordre financier (recherche d’un gain) et le plus souvent d’ordre politique : sauvegarde de l’emploi, création d’un outil industriel ou d’infrastructures, aménagement du territoire, construction européenne, etc… On ne peut, dans ces conditions, pas être surpris qu’il tente de faire pression sur la direction générale. C’est dans son rôle.
Les problèmes d’Airbus sont les suivants :
- Direction bicéphale (2 PDGs, 2DGs),
- Difficultés techniques liées à l’ambition des projets industriels (A380, A350),
- Trésorerie insuffisante pour financer le développement à moyen terme des projets ci-dessus, d’où nécessiter d’une augmentation de capital conséquente.
De ces trois difficultés la première me semble la moins naturelle et la plus préjudiciable. Je conviens qu’il s’agit de la plus urgente à traiter. Une entreprise ne peut fonctionner raisonnablement avec une direction dupliquée. Il faut impérativement revenir à une organisation raisonnable (1 PDG, 1 DG), choisie pour sa compétence. On se fiche pas mal de savoir si le patron doit être français (c’est le cas à ce jour, laissons faire Louis Gallois), germain, ou inuit, pourvu qu’il soit bon.
Les deux autres difficultés relèvent de questions industrielles somme toute - dans leur nature au moins - assez classiques et requièrent un adossement à de vrais partenaires industriels, possédant une vision long terme. Laissons faire la direction pour trouver ces partenaires. D’ailleurs, sur le sujet, ne donnons pas de faux espoirs aux salariés. Les capitaux nouveaux à injecter seront conséquents. La question est simple : au-delà des déclarations d’intentions l’Etat français peut-il raisonnablement suivre ?
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